Opinion

DIVERSITÉ CULTURELLE À L'ÉCRAN

Par Ada Kraszczynski. Il y a 2 ans

Des solutions concrètes

Instaurer des incitatifs financiers pour les producteurs et sensibiliser les jeunes aux possibilités qui s’offrent à eux sont des pistes de solution qui peuvent combler le manque criant de diversité dans les médias québécois.

 

Il y a un an, je publiais sur ce blogue un court texte qui présentait des séries américaines populaires mettant en vedette des protagonistes principaux issus de minorités ethniques diverses, et je proposais de s’en inspirer. Je soulignais également les séries d’ici qui mettent de l’avant une certaine diversité culturelle.  

 

L’intégration des immigrants et le sentiment d’appartenance à la société québécoise des diverses minorités ethniques peuvent en partie être attribués à une bonne représentation de leur culture à l’écran. Sachant cela, on se doit de redoubler d’effort pour mieux représenter cette diversité culturelle, pour finalement briser le cercle vicieux dans lequel nous nous trouvons. 

Pour réussir, il faut faire des efforts considérables, mais surtout, arrêter d’énoncer le problème et tenter de trouver des solutions. C’est sur la nature de ces efforts qu’a eu lieu le 26 janvier dernier un déjeuner-conférence organisé par les Femmes du cinéma, de la télévision et des médias numériques (FCTMN). La comédienne Alice Tran (30 vies) et moi-même avons discuté sous le micro de Mara Joly, dans le but de trouver des solutions concrètes et réelles au manque de diversité culturelle dans nos écrans.

 

LES SOLUTIONS DISCUTÉES

 

Passer à l’action

Comme minorités ethniques, il faut parfois prendre une place qui ne nous est pas nécessairement offerte. Développer des projets, s’impliquer partout où l’on peut, se créer des jobs, s’écrire des rôles…c’est une clé importante pour prendre de l’expérience. Souvent, on n’engage pas des minorités ethniques car elles n’ont pas l’expérience nécessaire - et ça fait peur. Il s’agit du même problème auquel font parfois face les « jeunes ». Pas d’expérience, pas de travail ! C’est un dangereux cercle vicieux. En se créant des projets soi-même, on enrichit notre CV et augmente nos chances de se faire engager.

 

Incitatifs financiers

N’étant pas de grandes fans de quotas, parce que personne n’aime se faire imposer ou être imposer, il est intéressant de proposer aux créateurs et producteurs des incitatifs financiers à écrire des rôles issus de la diversité. Pas d’obligation, seulement un crédit d’impôt supplémentaire, par exemple, qui inciterait les auteurs à diversifier leur distribution, pour que, tranquillement, cela devienne chose courante.

 

Viser les jeunes

En sensibilisant les jeunes, par des conférences ou des ateliers dans les écoles, mais aussi par les œuvres télévisuelles ou projets web, on peut leur démontrer qu’il est possible, peu importe leur nom ou la couleur de leur peau, de faire partie du domaine audiovisuel québécois. Que ce soit devant ou derrière la caméra, le besoin d’une relève diversifiée est criant et c’est en éduquant les jeunes qu’on leur permettra d’ouvrir plus grandes ces portes.

 

LE TEST KRASZCZYNSKI

(À prononcer crache-tchin-ski. Je vous souhaite bonne chance!)

Inspirée par le fameux Test de Bechdel, qui démontre que la majorité des films de type « Blockbuster » sont sexistes, j’ai créé ce test selon lequel une œuvre médiatique qui représenterait de façon juste la diversité culturelle québécoise devrait remplir ces trois critères :

 

1. Un des personnages principaux (qui se trouve donc dans la grande majorité des épisodes) est issu d’une minorité ethnique et est identifiable par un nom, pas par sa fonction.

2. Ce personnage est entendu, fait partie de l’intrigue, fait avancer le récit et a une incidence positive sur l’histoire.

3. Ce personnage ne représente pas les stéréotypes et les clichés reliés à sa culture d’origine.

*Bonus: Le personnage est interprété par un.e comédien.ne de la même origine.

 

QUELLES SÉRIES PASSENT LE TEST ?

 

MED, VRAK

Med, le personnage principal autour duquel tourne l’intrigue, est moitié-québécois et moitié-arabe. Il est interprété par l’humoriste Mehdi Bousaidan, lui-même né en Algérie. On le voit également interagir avec sa mère, Algérienne, et sa petite sœur, métis comme lui.  

 

Le Chalet, VRAK

Le personnage de Charles est interprété par Karl Wallcot, un comédien métis. Il fait partie de la gang d’amis qui habitent au « Chalet », sans que l'accent ne soit mis sur la couleur de sa peau!

 

SUBITO TEXTO, Télé-Québec

Le comédien Louka Grenon y joue le rôle de Sami, frère aîné de la famille Mazari, d’origine algérienne. Il est un des cinq amis de la gang de Subito Texto.

 

District 31, Radio-Canada

Da-Xia Bernard est l’analyste sénior du District 31. La famille maternelle de la comédienne Cynthia Wu-Maheux est d’origine chinoise.

 

Like-Moi, Télé-Québec

L’humoriste Adib Alkhalidey fait partie des sept comédiens maison de la populaire émission à sketchs.

 

 

Conseil de famille, Télé-Québec

Tarek, le meilleur ami du personnage principal Clovis, est d’origine libanaise. Le colocataire des deux sœurs de Clovis, Jean-Max, est un nouvel arrivant haïtien.

 

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